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Documentaire sur Grand Ecran se met en 4 <

du 2 avril au 25 juin 2006

programme détaillé

dimanche 14 mai 2006 - Palmarès 2006 Festival de Nyon

11h : Jury Regards Neufs - Mention spéciale

La chamelle blanche
de Xavier Christiaens
Belgique, 2006, Beta SP, couleur, N&B, 52’
Pour ceux qui ont eu la chance de découvrir Le goût du Koumiz, en 2003 à Visions du Réel, voici un nouveau voyage serti dans l’espace et le temps par Xavier Christiaens. Car ce n’est pas tant dans un ailleurs très réel que nous nous situons, que dans un futur proche, un avenir pas si lointain. Comment, avec un matériau précis - des images contemporaines du lac d’Aral desséché - créer des archives du futur, organiser un récit avec les traces d’un temps qui n’est pas encore le nôtre mais qui est déjà là. La chamelle blanche n’est pas très loin de Solaris ou de La jetée. La catastrophe a déjà eu lieu ou va bientôt se produire. Nous sommes dans une poétique de l’anticipation : en attestent les bribes du journal de bord qui ponctuent le film, et qui nous parlent d’une planète inconnue - la terre -, de cosmodrome, de zone classée D. E. (Danger Elevé). D’où la solarisation des images, l’omniprésence du silence, et, surtout, l’absence d’eau. Une sécheresse permanente a vidé notre planète de toute source de vie - piste écologique -, ou, pire encore, la mémoire a fui de toute part - hypothèse éminemment métaphysique. Mais, de ces espaces désertifiés, irradiés, malades surgissent, à l’instar des films de Chris Marker ou d’Andrei Tarkovski, des fragments de bonheur : des visages, une femme parfois, un enfant enfin. Résonnent alors dans nos têtes ces paroles : “Pour aller jusqu’à toi, quel drôle de chemin il m’a fallu prendre...”
(bb - in catalogue du festival Visions du Réel)

suivi de :

Jury Cinéma Suisse - Mention spéciale

Wintersong - a film on Dakota Suite
de Benny Jaberg et Pascal Hofmann
Suisse, 2005, Beta SP, couleur et N&B, 51’
“Je suis ce type dans le coin de la fenêtre, debout dans la pénombre, qui ne voit personne.” C’est ainsi que Chris Hooson, chanteur et compositeur du groupe Dakota Suite, se perçoit par rapport au monde. Hooson est tenaillé par de sombres pensées dont les racines remontent à l’enfance. La musique l’aide à s’évader de sa prison intérieure, dans l’espoir de se débarrasser une fois pour toutes de ses vieux démons. Avec ses fragiles chansons rock et folk, le groupe pourrait sans doute abandonner son statut d’éternel outsider et gagner beaucoup d’argent. Mais, bien davantage que le succès commercial, Hooson aprécie l’indépendance artistique. le musicien revit sans cesse sur scène ces moments de douleur qui sont à la source de ses chansons ; raison pour laquelle, paraît-il, Dakota Suite ne donne plus de concerts. Hooson tient davantage à sa famille, à son travail avec des détenus et au football plutôt qu’à faire de la musique, et malgré tout la musique lui semble une nécessité absolue.
Wintersong mélange habilement la vidéo, le 16 mm et le super-8 : les entretiens avec Hooson alternent avec la musique ; des extraits de chansons structurent le film. (....) Pris par le charme de sa mélancolie, on espère secrètement que Hooson n’abandonnera pas ses souffrances de sitôt.
(alf - traduction sko - in catalogue du festival Visions du Réel)

14h : Prix Télévision Suisse Romande

Geisendorf
de Frédéric Baillif
Suisse, 2006, Beta SP, couleur, 80’
C’est l’été dans un parc de Genève. Des adolescents vont acheter des bières, ils se racontent en frimant et en plaisantant des histoires de bagarres. Ils ne se définissent pas vraiment comme une bande, c’est un groupe de potes dont le point d’attache, lieu de rencontres le jour et d’agressions la nuit, est un parc. Frédéric Baillif suit cinq de ces personnages. Après une enfance mouvementée, certains ont fait de la prison, il se retrouvent à un âge charnière, le cap de la vingtaine. Derrière des discours souvent provocants se dévoilent peu à peu des doutes, l’angoisse de ne pas être à la hauteur, de ne pas arriver à s’intégrer dans la société. Marvin explique que c’est la peur de l’échec qui le paralyse, qu’un prof d’apprentissage ne l’apprécie pas et le saque. la prise de conscience de ne pas pouvoir vivre éternellement au jour le jour en prenant des cuites est parfois cruelle : “Il faudra bien une fois que je me sorte les pouces du cul, tu vois comme on parle là, mec, si les paroles étaient des actes on serait des hommes d’affaires.” Pour deux d’entre eux, le sport sera le lieu d’apprentissage de certaines règles fondamentales comme gérer son agressivité et arriver à se focaliser sur un but. Avec une caméra mobile et proche des personnages, Geisendorf découvre la fragilité qui se cache derrière la façade des comportements. Le film dépasse les clichés sur les bandes de jeunes et nous fait accéder en profondeur à leurs indiviualités.
(cm - in catalogue du festival Visions du Réel)

18h : Prix du public de la ville de Nyon

La vie est une goutte suspendue
de Hormuz Kéy
France-Iran, 2006, Beta SP, couleur, 84’
“Cadrer c’est essentiellement la rencontre qui existe entre le réalisateur et l’acteur diabétique qui est devant toi, et il faut être capable de s’emparer de l’acteur, sans jamais aller trop loin.” Dès les premières séquences du film, le visage émacié plombé d’un gros bonnet de laine, Christian de Rabaudy impose ses conditions au cinéaste. S’il veut conter leur relation intime, faire son portrait, il faudra compter avec son assentiment. S’il veut créer, il devra aller plus loin pour voir les “choses profondes que le commun des mortels ne voit pas”. Pas facile quand votre ami, ancien professeur de philosophie affaibli par la maladie, vous dicte votre manière de filmer, vous reproche vos incompétences, vos obsessions cinématographiques, et avoue qu’il a tellement besoin de vous. Pendant dix-huit mois, à raison de quelques séances, Hormuz Kéy, caméra à l’épaule, focalisé sur un sujet qui ne cesse de le fragiliser, va pourtant peu à peu faire émerger toute la complexité et l’amour qui l’unit à cet homme, tout en lui rendant un hommage désarmant. De l’appartement du philosophe, véritable cabinet de curiosités où s’amoncellent meubles et objets d’art en tous genres, à sa chambre d’hôpital qu’il doit partager avec un travesti, le cinéaste dessine les contours d’une personnalité hors du commun.(...)
La vie est une goutte suspendue ose, avec émotion et sans jamais détourner la caméra, mettre à nu une intimité - même au seuil de la mort - et soumet admirablement à l’épreuve la relation documentaire.
(bl - in catalogue du festival Visions du Réel)
séance suivie d’un débat animé par Simone Vannier en présence de Jean Perret et de Hormuz Kéy

21h : Grand Prix Visions du Réel

Der Kick
d’Andres Veiel
Allemagne, 2006, Beta SP, couleur, 82’
Dans la nuit du 13 juillet 2002, les jeunes Marco et Marcel Schönfeld et leur ami Sebastian Fink brutalisèrent Marinus Schöberl, 16 ans, et le torturèrent à mort. Les meurtriers et la victime se connaissaient fort bien. Ils venaient tous de Portzlow, un village au nord de Berlin. Les agresseurs tombèrent sur Marinus et le trainèrent jusqu’à une porcherie. Marinus y fut tué d’un coup de pied asséné sur l’arrière de la tête. Sur la base des interrogatoires des frères Schönfeld, de l’acte d’accusation du procureur et des déclarations des parents des meurtriers et de la victime, Andrès Veiel et Gesine Schmidt ont écrit une pièce de théâtre, de laquelle Veiel a tiré le film éponyme Der Kick. Les deux comédiens interprètent tout à tour tous les personnages en rapport direct ou indirect avec le crime. De façon saisissante et réaliste, ils récitent leurs textes plutôt qu’ils ne les disent, avec une grande subtilité dans les intonations, les dialectes et les états d’âme. L’expressivité des gestes et des attitudes physiques est par contre réduite au minimum. Il en résulte une tension entre proximité et distance qui empêche toute indentification avec les personnages.(...) Vu par Veiel, le contexte, les motifs et le déroulement des faits ne forment jamais un enchaînement sans faille ; pas plus qu’ils n’expliquent vraiment le meurtre. Ainsi, le besoin de comprendre se fait d’autant plus urgent que nécessaire. La mise en scène morcelée de Veiel dans Der Kick permet au spectateur de mener sa propre réflexion sur les ressorts de ce crime monstrueux.
(es - traduction sko - in catalogue du festival Visions du Réel)

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